culture général

l’évolution de la peinture

De la représentation fidèle de la nature à l’expression de la personnalité du    peintre :

Pendant longtemps, la peinture a été définie comme la représentation fidèle du réel ou de l’imaginaire. Une légende traduit    parfaitement bien cette conception de la peinture : il s’agit de celle des raisins de Zeuxis qui étaient si fidèlement représentés que les oiseaux vinrent les picorer. Socrate, dans le    Philèbe de Platon comparait d’ailleurs la mémoire à un peintre imprimant dans son esprit les images.

Si la peinture peut être fidèle, c’est parce que le discours (parole et raison) suppose déjà qu’il existe des choses, substances    ou accidents et que ces choses sont dénommables.

Mais au XIXème siècle, avec le développement de la photographie, s’opère un changement : toute représentation fidèle est    considérée comme impossible puisque que le réel ne peut être nommé, et qu’il dépend de la vision du peintre. De rationnel, l’art devient sensible : « Est laid ce qui n’exprime    rien  » disait le sculpteur Rodin.

Un autre changement se fait jour à la même époque ; depuis l’Antiquité, la valeur d’un tableau tenait à l’objet    représenté ; pour Aristote et Platon, le peintre se devait de choisir des sujets nobles car l’art devait être moral afin d’amener les hommes vers la sagesse. Chez les classiques français du    XVIIème siècle, la beauté de l’ouvrage résidait encore dans le choix du sujet, et depuis la Renaissance (XVe siècle) existait une véritable hiérarchie des genres qui mettait au-dessus de tout la    peinture d’histoire.

Le classicisme (XVIIeme Siècle) se caractérise par la recherche de l’équilibre, de la clarté, du naturel : Raphaël,    Titien, Poussin.

– Plusieurs genres sont déterminés :

. la peinture d’histoire : elle comprend la peinture religieuse et la peinture dont le sujet est tiré de l’histoire ou de la    fable : David, Ingres.

. le portrait,

. la peinture de genre (le nu n’est pas un genre),

. le paysage et les marines.

. la nature morte : le célèbre Chardin par exemple dut un instant délaisser la nature morte, considérée comme vulgaire, afin    de se consacrer à un domaine plus noble : la peinture de genre.

– La distinction des genres est faite dès l’Antiquité (Pline – Histoire naturelle). Elle disparaît au Moyen-Age, suite à    l’effacement quasi complet de la peinture de chevalet pour renaître peu à peu à partir du XIVe siècle ; le portrait est le premier genre à réapparaître. Les fonds de paysage et les accessoires    réalistes sont à l’origine des genres autonomes du paysage et de la nature morte. Au XVe siècle apparaissent les Vanités (nature morte évoquant les « fins dernières » de l’homme).

– La hiérarchie des genres a pour origine l’idée qu’aux différents types de sujets doit correspondre un style particulier. Vitruve    (1er siècle avant J.C) distingue les styles tragique, comique, satirique. La Renaissance établit l’homme comme sujet privilégié des représentations artistiques.

– Cette conception est utilisée dès le XVe siècle par les peintres pour se distinguer des artisans : tandis que l’artisanat est    fondé sur l’habileté manuelle, l’art nécessite l’intelligence et la culture.

Après la Renaissance (XVème siècle), le Maniérisme (XVIème siècle) se caractérise par des effets irréalistes de raffinement    et d’emphase. Au XVIème siècle, le mouvement Baroque né de la Réforme catholique cherche à étonner, à toucher les sens, à éblouir : Rubens, Caravage.

Au XIXème siècle, l’académisme emphatique réapparaît avec l’art Pompier.

La hiérarchie des genres s’efface progressivement au XIXe siècle. Le génie individuel du peintre est la seule valeur admissible.    Au XIXème, le mouvement Orientaliste qui s’inspire des voyages en Orient introduit des sujets nouveaux : scènes de foules et de vie quotidienne à l’étranger : les carnets de    Delacroix par exemple.

Ce changement trouve son origine dans la révolution industrielle qui décompose les objets en des éléments interchangeables.    L’unité, la désignation, la représentation fidèle du monde sont brisées : le réel n’est qu’une dissémination de points de vue (rôle important de la photographie).

Après le réalisme (de Courbet ou Daumier) de la seconde moitié du XIXème siècle qui refusait d’idéaliser le réel et    l’hyperréalisme de la fin des années 60 qui s’inspire beaucoup des procédés de la photographie, on voit se multiplier les courants de peinture s’éloignant progressivement de la représentation    figurative pour laisser davantage de place à la subjectivité ; Dubuffet n’hésita d’ailleurs pas à parler  » d’invasion du subjectivisme  » :

– Déjà avec le romantisme de la fin du XVIIIème siècle qui s’établit contre la tradition académique. Mouvement qui fait    triompher la spontanéité et la révolte. Fait prévaloir la sensibilité individuelle et l’imaginaire sur la raison : Delacroix, Géricault, Friedrich, Turner.

-Le symbolisme de 1860-1890, l’art ne doit plus représenter le réel mais traduire un certain idéalisme :    Gauguin.

– les impressionnistes (Degas, Cézanne, Renoir, Sisley, Monet, Pissarro) de la fin du XIXème (années 1870)    s’efforcent d’exprimer au travers de la peinture les impressions que les objets et la lumière suscitent. Ils choisissent leurs sujets dans la réalité contemporaine. En véritable rupture avec    l’Académisme, les impressionnistes sont fortement décriés. Néo-impressionniste : Matisse.

– Vers 1900, l’Art nouveau cherche à imiter les formes naturelles : les formes ondulent, s’enroulent à la manière de    certaines plantes grimpantes. Mucha, Klimt, Gaudi (architecte).

– La peinture abstraite fait son apparition en    1910 avec Kandinsky qui marque le début de l’art non figuratif. Il s’agit du renoncement à la représentation pour le seul pouvoir des lignes, des volumes et des couleurs. C’est l’art de la    liberté. La seule contrainte est d’assurer un équilibre construit qui satisfasse l’œil. Peintres : Kandinsky, Mondrian, Hartung, Rotko, Poliakoff, De Staël.

– l’expressionnisme et le fauvisme du début    XXème siècle se caractérisent par l’intensité extrême des couleurs utilisées. Le fauvisme apparu en 1905 simplifie les formes et la perspective dans le but de rendre à la sensation    colorée sa plus forte intensité. Peintres : Matisse, Derain, Vlaminck. L’expressionnisme s’attache à traduire le monde extérieur dans un langage plus émotionnel que plastique :    Munch, Soutine, Otto Dix, Kirchner.

– Le pointillisme ou divisionnisme :    juxtaposition de touches régulières de différentes couleurs sur la toile, au lieu de mélanger les couleurs sur la palette. Signac.

– le cubisme, entre 1910 et 1930 offre une    représentation d’objets décomposés en éléments géométriques simples sans restituer leur perspective ; il exprime ainsi le pouvoir de notre imagination. Ecole : le Bauhaus. G.Braque,    P.Picasso ( » Les Demoiselles d’Avignon « ), F. Léger, Juan Gris.

– L’Orphisme (ou cubisme orphique) vers 1912 :    construction abstraite des formes par la couleur : Delaunay.

– le surréalisme, apparu vers 1920 et inspiré par    A. Breton, s’appuie quant à lui sur tous les procédés de création et d’expression utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) afin de libérer l’artiste du contrôle de    la raison, rien ne doit être calculé ; ce mouvement est en lutte contre les valeurs reçues. Max Ernst, Dali, Magritte, Miro, Tanguy. De même, le mouvement COBRA (Copenhague, Bruxelles,    Amsterdam) exalte toutes les formes de création spontanée : Alechinsky. A noter, l’existence d’une forme artistique à la frontière de la peinture : l’Action Painting qui est une    peinture gestuelle de la spontanéité, basée sur la performance devant public (généralement, l’artiste exécute ses toiles le jour de l’inauguration de l’exposition) : Pollock, De Kooning.    Dans les années 1960, l’art conceptuel fait primer l’idée sur la réalité matérielle de l’œuvre.

– Le Pop Art né à Londres au milieu des années 1950    et qui s’est imposé aux USA se pose en réaction contre la subjectivité de l’expressionnisme abstrait. Il porte son intérêt sur une culture populaire formée par les images de la vie moderne et des    médias (publicités, stars, BD) : Andy Warhol, Roy Lichenstein. Dans les années 1960, le OP ART (optical art) est fondé sur l’illusion d’optique : Vasarely.

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